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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 18:37
L'association de lutte contre le sida Act Up voit d'un mauvais oeil la mise en place d'ateliers "santé bareback" dans les locaux de Aides à Paris et demande à sa consoeur de se "positionner" par rapport à cette initiative conduite par un de ses salariés.
Jeudi dernier a été lancé le premier atelier sur le thème "santé et sexualité des barebackers" dans les locaux de Aides-Paris. Ces ateliers, baptisés "NoKpote" se présentent comme "un groupe d'échanges communautaires en auto support sur la santé et la sexualité de gays ayant volontairement, systématiquement ou pas des pratiques sans latex", proposé et animé par des barebackers "pour des barebackers et ceux qui font le choix d'avoir des relations sexuelles non protégées".
Ils affirment vouloir apporter "une nouvelle offre de santé au sein de la communauté homosexuelle".

Ces ateliers ont fait l'objet d'une information publique par le biais d'affiches, de tracts et de communiqués dans certains établissements et médias gays (dont e-llico.com).

"Qu'il y ait dans notre communauté des personnes qui refusent le préservatif, et qui en même temps souhaitent prendre soin d'elles et échanger sous forme d'atelier, après tout, dans ce format, cela pourrait se tenir, explique Act Up, mais que ces mêmes ateliers soient animés par un membre d'une grande association de lutte contre le sida telle que Aides, et qu'ils soient organisés dans les locaux de la même association, cela nous inquiète et nous pose réellement question".

Act Up met notamment en cause le vocabulaire utilisé qui ne serait pas "anodin" : "Bareback, Nokpote sont associés sans complexe à d'autres vocables comme Désir, Maxi-plaisir, comme si l'utilisation du préservatif ne pouvait être compatible à toute notion de sensualité ou de plaisir sexuel".
L'association considère comme "hypocrite" et "incompatible" d'associer les notions de "santé" et "bareback".

"La mise en place de tels ateliers sert un discours complaisant, voire prosélyte à l'égard du sexe à risque", affirment Marjolaine Dégremont et Emmanuel Château de l'équipe dirigeante d'Act Up qui met aussi en cause l'hébergement de ces ateliers par Aides, "une caution" à ses yeux. Et ce d'autant plus que l'initiative et l'organisation émanent d'un salarié de l'association.

Act Up qui a toujours fait de la promotion du préservatif un principe intangible, au risque de se faire taxer "d'intégrisme" sur la question, demande aujourd'hui aux responsables de Aides - son président et le directeur d'Aides-Paris - de "clarifier leurs positions quant à ces ateliers" dans un courrier rendu public hier.

Ce début de polémique na va pas manquer de raviver le clivage qui existe au sein des acteurs de la lutte contre le sida entre les partisans du pragmatisme en matière de prévention dont se réclament notamment Aides ou Warning et les tenants d'une "ligne dure", incarnée par Act Up mais aussi le Sneg.

Les premiers estiment que le relâchement croissant de la prévention signe les limites du discours "tout capote" et qu'il convient d'explorer toutes formes possibles d'initiatives conduisant à réduire les risques tandis que les seconds imputent au contraire à cette stratégie une déculpabilisation face au sexe unsafe.
src e-llico











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Published by gaymarocmusul - dans actualité
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commentaires

Alain LEGRAND - Directeur Général Délégué - AIDES 14/12/2008 09:49

Veuillez trouver ci-dessous la réponse de AIDES adressée à ACTUP Paris le 12 décembre dernier.


Cher(e)s ami(e)s,
Compte tenu de la proximité entre nos deux structures, permettez‐nous d’abord de nous étonner du
procédé employé. Il aurait été tellement plus simple d’échanger de vive voix lors de nos rencontres.
Mais quoi qu’il en soit, nous tenons bien entendu à apporter une réponse à vos préoccupations.
Tout d’abord, si AIDES n’a pas inscrit cette action dans son plan d’action c’est parce que ce n’était pas
la demande du groupe. Mais nous pouvons assumer cette action comme étant une action de AIDES à
part entière.
Comme vous le savez, AIDES est une maison ouverte à toutes les personnes séro‐concernées. Nous
accueillons des personnes qui injectent leur substitution, nous accueillons des personnes qui ne
prennent pas leur traitement, nous accueillons des personnes qui ne se protègent pas.
Car c’est bel et bien en travaillant avec les personnes qui présentent des difficultés avec la gestion de
leur santé que l’on pourra avancer en matière de prévention.
La communauté internationale a bien compris que c’est en diversifiant les approches de prévention,
en les articulant que l’on pourrait avancer. C’est également en faisant reculer l’homophobie, la
sérophobie et toutes les formes de discrimination et de stigmatisation que l’on pourra lutter plus
efficacement contre le VIH.
Il ne s’agit pas de remettre en cause la norme préventive que nous avons toujours défendue, mais
d’accepter le fait que la seule injonction à cette norme est insuffisante. Vous trouverez en pièce
jointe à ce courrier la présentation de Bruno Spire en plénière de clôture de la dernière conférence
internationale à Mexico, publiée dans le Journal de l’IAS qui pourra vous apporter certains éléments
de compréhension et qui comprend un certain nombre de références scientifiques décrivant la
diversité des stratégies des barebackeurs pour trouver des solutions pour réduire les risques de
transmission Approcher et faire avec ces personnes est un élément clé pour avoir un impact sur la
réduction des contaminations.
Compte tenu de la prévalence dans leur communauté, les homosexuels masculins sont confrontés
toute leur vie au risque VIH. Notre approche pour les soutenir dans cet effort continu est la même
qu’en matière de soutien à l’observance : lorsque nous avons créé les universités des personnes en
traitement, nous l’avons fait pour et avec les personnes qui avaient du mal à prendre leur traitement.
C’est le même processus qui nous anime aujourd’hui par rapport aux barebackers. Nous nous
étonnons à notre tour qu'une association communautaire s’en prenne à des séropositifs qui ont du
mal avec la prévention. Vous n’êtes pas sans savoir que de nombreux travaux, dont ceux d’Alain
Léobon, ont clairement montré que les barebackers se protégeaient occasionnellement, voire
souvent et avaient des préoccupations liées à leur santé. Nous ne cautionnons rien, nous ne sommes
pas dans l’illusion de détenir un tel pouvoir. Si c’était le cas, cela ferait un moment que tout le
monde utiliserait des préservatifs tout le temps et que l’épidémie serait enrayée.
Pour notre part, nous continuons, et continuerons, à refuser une approche moralisatrice ou tout
simplement prohibitionniste de la prévention qui a pour seul effet de masquer la réalité des
pratiques de certains gays en les stigmatisant et de les éloigner encore un peu plus des acteurs de
prévention présents sur le terrain partout en France, ce qui est contreproductif. A ce titre, le faible
niveau de financement des actions de prévention de proximité auprès des gays au niveau du
territoire national par les GRSP nous paraît être un thème d’indignation bien plus important.
Nous tenons à vous rassurer sur la cohérence de notre démarche : promouvoir et distribuer des
préservatifs, mettre en place des expérimentations de dépistage rapide, tenir des permanences dans
les établissements de consommation sexuelle et sur les sites internet de rencontre, mener des
campagnes d’été sur les plages gays et écouter les préoccupations des barebackers, tout ceci fait bel
et bien partie d’une stratégie globale qui n’a qu’un seul objectif : la baisse de l’incidence du VIH chez
les gays.
On ne peut décemment pas invoquer continuellement une situation alarmante tout en ne proposant
rien d’autre que ce qui a toujours été fait et qui montre visiblement ses limites. Si on n’expérimente
rien de nouveau au nom d’une idéologie, l'épidémie continuera Les approches morales ont montré
leur inefficacité, la promotion de l’abstinence ou de la fidélité en sont des exemples criants. La
combinaison des approches de prévention, dont la promotion du préservatif, du dépistage, du
traitement plus précoce et des approches de réduction des risques permettra de venir à bout de
l’épidémie de façon à ce que chacun puisse trouver l’outil qui lui convienne le mieux dans la durée.

gaymarocmusul 14/12/2008 17:44


merci a vous monsieur Legrand pour votre reponse , et bienvenue sur ce blog quand vous voulez , bisous


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  • : je cree ce blog pour venir faire connaitre mes idees , je suis gay et j'ai vecu une longue histoire avec un musulman, je veut ici partager des idees avec les gens du monde , chacun est le bienvenu pour laisser un com , je repondrai tjrs en donnat mon avis perso , meme si parfois je pourrais choquer certaine personne , alors apprenez a dialoguer et a etre a l'ecoute des autres , vous en ressortirez bien plus grand , bonne visite a tous
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