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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 20:31
Partir à la découverte d'un village, un douar, niché là-bas, sur le flanc d'une colline, dans l'Oriental. La montagne est usée par les siècles qui ont grignoté les sommets et creusé une vallée ample. Gagner le douar, c'est quitter la route pour s'enfoncer sur la piste.
Au bout d'un moment, des façades blanches émaillent le rouge de la terre. En apparence, l'endroit est sec et pelé, mais en apparence, seulement. Les ruelles escaladent la pente escarpée. Lorsque le jeune douar est laissé dans le dos, alors l'image incroyable de ces maisons qui semblent poussées du sol s'offre de toute son altière beauté.


Ici sont nées des générations, ici ont vécu et aimé, enfanté ces lignées de villageois qui ont un jour essaimé. Il ne reste que quelques bâtisses encore habitées. Le vent, le temps ont fait œuvre de sapeur. Ils ont érodé, arraché, caillou après caillou, jusqu'aux terrasses, jusqu'à l'âme...
Les voyageurs, ont retenu leur souffle devant tant de triste beauté. certain on  reconstruit tout dans un coin de leur esprit, se sont pris à rêver d'un havre. il se raconte que là, il faudrait aménager une chambre fraîche, qu'un gîte pourrait naître des ruines. Dans le dédale, à peine restaurer, pour ne pas déparer la majesté de ces vieilles maisons. Essaimer des nids, parsemer de baquets où se baigner dans la douceur d'un matin d'été.


Mais le village manque d'eau, les canaux d'irrigation ont rendu grâce. Et l'eau, quand les étranger se souviennent à quel point elle peut être gaspillée,  ont le cœur qui se serre.
C'est un village niché sur le flanc d'une colline qui s'ouvre à l'autre, où les habitants tendent les bras, où la volaille est donnée, même quand elle est rare. C'est un village qui palpite tant il respire d'une générosité oubliée depuis bien longtemps dans le monde d'au delà des mers.
C'est un village, quelque part dans l'Oriental.







Il a travaillé, encore et encore, afin que l'école accueille les enfants, afin que les femmes s'émancipent un peu, afin que l'alphabétisme recule. Mais, quelle que soit la vaillance et la sueur, vient le jour où il manque cruellement de dirhams afin d'équiper la crèche ou la bibliothèque. Et puis, pour la prochaine rentrée scolaire, il faudra acheter les cartables. Et le voyageur se rappelle ces gosses qui cirent les chaussures dans les villes, ils ont à peine dix ans. Est-ce que l'argent servira pour les cahiers et les stylos ? Pas sûr...


Des enfants, il y en a de partout, qui jouent dans les rues, qui gardent les moutons, qui mènent l'âne au bassin où une eau croupie, verte, stagne. Pourtant, malgré l'évidente difficulté à vivre dans un endroit isolé, ce village bouillonne d'une jolie vie.
Au détour d'un chemin, le puisatier creuse son puits, profond. Une image de carte postale, Pagnol de l'autre côté de la Méditerranée. Il faut chaud, et la terre, la poussière doivent coller au corps, poisser la respiration.
L'eau, encore et toujours, l'eau.

 
la journée au Douar

Ici, dans ce pays de miel et d'oranges tout commence toujours par un repas partagé au même plat. Le pain fait office d'assiette. Ce partage là, celui de la nourriture, est cadeau, épicé de sourires, arrosé de générosité. Autour de tables basses et rondes, le moment est propice aux confidences, à recueillir l'histoire du village, à rire aussi. Ces gens qui n'ont rien, ou si peu, incarnent la générosité, et ils donnent ce que les étranger ont oublié de considérer comme un bien, le temps. Ils donnent le temps de la rencontre, ils donnent le temps de l'apprentissage, ils donnent le temps de la découverte.


La grappe de raisin mûrit tranquillement, protégée d'oiseaux chapardeurs, par une feuille de papier. Les moutons, les chèvres, l'âne et la mule occupent également le terrain avec les hommes. Les oignons sèchent dans la cave, accrochés en guirlandes. C'est un douar où respire un peu de la paix que les campagnes des étranger ont perdu depuis des lustres, depuis l'arrivée de ces pétaradantes machines qui déchirent le silence de leur strident moulinet. Les femmes s'affairent et papotent, les hommes discutent sous la tente, assis à même de sol et les adolescents jouent sur un vétuste baby-foot.


Ici, dans ce pays de miel et d'oranges, le thé, au plus chaud de l'après midi, inimitable, le thé au goût de menthe apaise autant qu'il rafraîchit.



Comment dire l'accueil ? Comment parler de tout ce qui fut partagé, ce jour là ? Un pays de miel et d'oranges...




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Published by gaymarocmusul - dans temoignage
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