
Une véritable marée humaine est constatée chaque jour
à l'occasion des prières surérogatoires du soir de ce mois sacré de Ramadan dans la mosquée Hassan II de Casablanca, troisième plus grand édifice religieux en terre d'Islam après les mosquées de la
Mecque et de Médine.
La mosquée de la métropole chérifienne, inaugurée le 30 août 1993 après sept années de travaux, s'érige en un véritable chef d'oeuvre architectural financé, en grande partie, par les souscriptions
de millions de Marocains.
L'édifice, construit sur la côte au coût d'un milliard de dollar, a tous les ingrédients pour être une « fierté » des Marocains, au point qu'il est visité presque systématiquement par les hôtes du
Royaume.
Une capacité d'accueil de 120 000 fidèles dont 25.000 à l'intérieur de la prestigieuse salle. Le plus haut minaret dans le monde musulman (200 mètres) et un imposant toit ouvrant. Tout le savoir
faire marocain dans la sculpture de bois, la peinture, les céramiques a été mis à profit par le célèbre architecte français Michel Pinseau pour mettre sur pied un édifice qui résume l'artisanat
marocain dans toute sa diversité et sa grandeur.
Depuis 2002, la mosquée s'est transformée, à juste titre, en un véritable « carrefour » religieux après le recrutement d'un jeune imam qui a fait ses études en Arabie saoudite et affûté ses
premières armes de psalmodie de Coran dans les mosquées de la ville.
Omar Kzabri (36 ans) s'illustre par une voix qui inspire piété et recueillement, semblent dire à l'unisson plus de 50.000 fidèles qui accomplissent les prières surérogatoires derrières lui.
Un véritable phénomène de société semble se profiler. Des milliers de fidèles qui prennent le chemin de la mosquée peu après la rupture du jeune pour assurer une place à l'intérieur de la salle de
la prière.
Bon nombre de Marocains ne lésinent pas sur les moyens pour se déplacer d'autres villes, dans le but de passer quelques jours à Casablanca chez des proches ou même dans des hôtels.
L'enjeu en vaut le déplacement surtout pendant les dix derniers jours du Ramadan durant lesquels la Mosquée se transforme en une « mini Mecque » en accueillant plus de 200.000 fidèles, transformant
les artères jouxtant l'édifice en annexes de la mosquée.
Un énorme dispositif sécuritaire accompagne le cérémonial quotidien auquel s'ajoutent des milliers de véhicules qui parquent dans les ruelles avoisinantes au grand bonheur de dizaines de gardiens
de voitures, surtout occasionnels, qui vivent leurs « plus beaux jours » pendant ces « jours de recueillement ».
Chaque ruelle peut servir de parking pour une centaine de voitures de telle sorte que même les jeunes chômeurs des quartiers avoisinants s'organisent pour « être de la fête ».
Si le Maroc compte quelque 41 000 mosquées, toutes tailles confondues, l'ambiance spirituelle durant le Ramadan semble dominée par «l'effet envoûtant » procuré par la grande mosquée de Casablanca.
Et pour des années encore !